inde - delhi
" Vous les occidentaux, vous avez l'heure mais vous n'avez jamais le temps." Gandhi
Après avoir tourné au-dessus de Delhi pendant une éternité, l’appareil est enfin autorisé à l’atterrissage et je débarque pour la 5 ème fois en Inde ! Un taxi « prepaid » pour ne pas se faire avoir, et c’est parti pour les embouteillages, la circulation anarchique et les rues glauques indiennes, qui me mèneront tout de même à bon port : à la Jyoti Mahal guesthouse, située dans le quartier très vivant de Pahar Ganj. Très beau bâtiment de style haveli, aux chambres et aux couloirs richement décorés d’objets et de tableaux d’artisanat local. Il ressemble à un vrai petit palais. J’attends Serge avec impatience, il arrivera vers 03h00 du matin après un vol direct en provenance de Paris et des formalités à n’en plus finir !
Arrivée à la Jyoti Mahal Guesthouse
Delhi
Aujourd’hui, c’est jour de repos : méga grasse matinée et petite balade dans Pahar Ganj, quartier très animé. Petite bronzette sur le toit en terrasse de l’hôtel en sirotant un thé au gingembre. Le soir, c’est en rickshaw que nous nous rendons à Connaught Place : « Les Champs Elysées » indiens. Dîner à l’ «Embassy », restaurant chic que nous avons déjà testé il y a cinq ans et demi de cela. La cuisine y est toujours aussi raffinée : kebabs de poulet aux herbes accompagnés d’un yaourt au concombre et tomates, riz au cumin, le tout arrosé d’une bonne bière Kingfisher ! Ce nouveau contact avec les Indiens est une fois de plus excellent : les rickshaws et autres serveurs plaisantent et ont toujours le petit mot pour nous faire rire. Les badauds sont curieux, nous saluent et nous posent toutes sortes de questions… ce qui tranche avec la discrétion et la pudeur des Népalais ! Nous arrivons -Serge comme moi- à nouveau sur une autre planète.
Jyoti Mahal Guesthouse
Delhi - ajmer
Réveil à 05h00, rickshaw à pédales jusqu’à la gare de New Delhi, puis nous embarquons à bord du Shatabdi Express. 7h30 de train plus tard, nous débarquons dans le Rajasthan et plus précisément dans la ville d’Ajmer, un des hauts lieux de pèlerinages islamiques. Contrairement à ce qu’affirment les guides tels le « Routard », Ajmer est une ville plutôt agréable à vivre, pas si polluée ni si sale que ça et encore moins dénuée de charme. On y retrouve ici tous les ingrédients dignes d’une agréable ville du Rajasthan : des vaches sacrées partout, des temples, des ruelles étroites, des marchés et ...pas de touristes ! L’ambiance générale s’en ressent : tous les habitants nous sourient, nous saluent ou encore nous serrent la main. Nous nous installons au haveli « Heritage Inns », une guesthouse familiale dans laquelle nos hôtes nous réservent le meilleur accueil. Après un bon massala dosa (crêpe croustillante fourrée au curry de pommes de terre et accompagnée de lentilles épicées), nous partons à la découverte de la ville.
Au programme, le très beau temple jaïn de Nasiyan en grès rouge (XIXe S), à l’intérieur duquel trône une colossale maquette évoquant la mythologie jaïn : temples, Mont Meru et bateaux volants recouverts d’or. Belles peintures et incrustations murales complètent cette oeuvre atypique et exubérante ! Puis c’est en rickshaw que nous rejoignons l’ancienne mosquée en ruine d’Adhai-Din-Ka-Jhonpra datant du XIIIe siècle. Belle porte sculptée, puis magnifique façade recouverte de lettres arabes gravées, parfaitement préservées. L’ambiance est bon enfant car la visite est sans cesse interrompue par les sollicitations de jeunes indiens à nous prendre en photo, contents de poser avec des occidentaux. Nous acceptons volontiers une demi-douzaine de photos qui se soldent par un « Thank you Sirrrrrrr ! » et de chaleureuses poignées de mains. A l’extérieur se trouve un manège pour enfants : un bateau à bascule fonctionnant avec un moteur diablement fumant et qui ferait pâlir plus d’une maman occidentale, voyant embarquer son enfant dans une telle machine infernale ! Puis nous atteignons le quartier de Dargah, véritable petite cité musulmane dans le vieux Ajmer. Marchands d’offrandes, pâtisseries de style oriental et senteurs de pétales de roses nous mènent jusqu’à la mosquée Khwaja Muin-ud-Din Chishti, l’un des lieux saints musulmans les plus vénérés d’Inde… mais dans lequel nous ne pénétrerons malheureusement pas car les appareils photos y sont interdits et nous ne voulons pas nous en séparer. Mais l’ambiance extérieure avec ses échoppes religieuses et arabisantes nous satisfont pleinement et nous rentrons, ravis de cette visite à notre guesthouse. Cette ville majoritairement musulmane laisse pourtant place à d’autres religions : non seulement à l’hindouisme mais aussi au christianisme représenté par une église et une cathédrale.
Quartier musulman de Dargah
Mosquée Khwaja Muin-ud-Din Chishti
Vendeurs de roses
Manège pour enfants
Temple jaïn de Nasiyan
Le soir, nos charmants hôtes se sont pliés en quatre pour nous concocter un délicieux repas végétarien servi dans la cour intérieure du haveli. Musique traditionnelle et glougloutement des fontaines -allumées spécialement pour l’occasion- accompagnent ce menu d’exception : riz, dal (curry de lentilles), pommes de terre aux épices, paneer (fromage frais) en sauce pimentée, tofu aux petits pois, chapatis et galettes de millet. Halwa pour le dessert (semoule sucrée aux fruits secs et parfumée à l’eau de rose). Félicitations faites à la cuisinière, nous regagnons notre belle chambre pour une bonne nuit de sommeil.
ajmer - deogarh
Tôt le matin, nous nous rendons à la gare routière afin d’y trouver un bus en direction de Deogarh, malheureusement toutes les inscriptions sont en hindi ! Un guichetier nous indique gentiment l’emplacement où le bus se positionnera. Lorsqu’il arrive, nous nous installons tout au fond de ce dernier où se trouvent les dernières places disponibles, en évitant les peaux de bananes et les coques vides de cacahuètes qui sont entassées sur le plancher. Après 03h30 et 135 km de très bonne route, nous arrivons dans la petite ville de Deogarh.
Un rickshaw nous conduit au sommet de la colline jusqu’au Deogarh Mahal, un magnifique palais de Maharaja datant de 1670 et reconverti en hôtel de luxe depuis 1996. Magnifique et irréel ! Cet imposant édifice composé de tours, de balcons et de terrasses est un véritable labyrinthe. Les dédales d’escaliers et de couloirs mènent à de petits salons, à des cours intérieures et des suites fastueuses. La notre, face au bâtiment principal, est composée d’un salon très cosy avec ses fauteuils et ses coussins, on monte ensuite d’un niveau en traversant une porte sculptée et de lourds rideaux rouges pour accéder à la chambre elle même, décorée de meubles aux teintes foncées (bureau d’époque, chevets et lampes sculptées à l’effigie d’éléphants). La salle de bain est immense. Quant à la terrasse, elle offre une vue panoramique et surplombe le village et ses maisons aux toits terrasses colorés. Un vrai rêve ! Nous dégustons un délicieux riz byriani dans le restaurant ultra-chic, meublé de façon très élégante. La température de la piscine étant trop fraîche à cette époque de l’année, nous nous abstiendrons de baignade. Le soir venu, l’hôtel s’illumine et se transforme en un véritable palais des mille et unes nuits, une vraie folie ! Mais pas de dîner romantique en vue ni de spectacle car serge est barbouillé… ah, l’Inde et ses joies intestinales !
Palais de Deogarh
Vue sur le village
Palais des 1001 nuits
deogarh - chittorgarh - bijaipur
Ce matin, le petit déj’ a été gargantuesque et Seb commence à reprendre le poids perdu au Népal. Nous voyageons aujourd’hui en taxi afin de pouvoir visiter la citadelle de Chittorgarh en chemin. Nous l’atteignons après 2h30 de route toute neuve, les choses ont bien changé depuis notre dernière visite au Rajasthan. Cette citadelle du VIIIe siècle située au sommet d’une colline et composée de palais et de temples, est la plus grande du Rajasthan : le fort crénelé s’étire sur 28 km². Après avoir traversé plusieurs portes massives, nous débutons la visite par les très beaux restes du palais de Rana Kumbha, puis le temple de Meera et ses sculptures très fines. Nous poursuivons par le palais plus récent de Fateh Prakash renfermant un petit musée, le gigantesque Kumbha Shyam Temple et l’impressionnante tour Jaya Stambha datant de 1458, s’étageant sur 9 niveaux finement sculptés et culminant à 37 m de hauteur. Non loin de là se trouve le Sammidheshwar Temple, très ouvragé également et datant du VIè siècle. Tous ces édifices sont très bien restaurés et méritent vraiment la visite. Achevons cette visite par le palais de Padmini, un peu moins raffiné mais situé au bord d’un vaste bassin, lui conférant ainsi tout son charme. Une balade de 2 h vraiment fantastique, d'autant que nous nous attendions à ne trouver que des ruines à cet endroit. En fait cette citadelle renferme de véritables trésors. La découverte du site fut très animée en raison des touristes indiens très expansifs et la présence de nombreux singes langurs.
Palais de Rana Kumbha
Kumbha Shyam Temple
Tour Jaya Stambha
Sammidheshwar Temple
Vue sur la ville de Chittorgarh
Reprenons la route pour Bijaipur à une heure de là. Nous nous enfonçons au beau milieu des champs de coton et de moutarde entourés de collines pour atteindre le « Bijaipur Castle », un petit palais du XVIè siècle tout blanc situé au coeur de la campagne. Accueil en musique par des hommes coiffés de turbans oranges, collier de fleurs et tika sur le front en guise de bienvenue. Le palais est moins exubérant que celui de Deogarh mais à taille plus humaine. De petits balcons ornés de coussins surplombent la piscine et son beau jardin. Le toit est surmonté de coupoles et la terrasse offre une belle vue sur le petit village. Un véritable oasis de tranquillité baigné de romantisme. Le soir, dîner aux chandelles au bord de la piscine. Le cadre ultra romantique tranche avec le comique des serveurs enturbannés, dont Shanti, qui avec son manque de tact et sa maladresse, nous fait beaucoup rire.
Bijaipur Castle
bijaipur - bundi
Sacs sur le dos, nous quittons ce havre de paix et rejoignons le village plus rustique de Bijaipur et son arrêt de bus. A peine déposés nos sacs, qu’un attroupement se créé autour de nous. Il est vrai que la clientèle du genre d’hôtel que nous venons de quitter, prend rarement les bus locaux ! Une fois dans le bus, nous traversons la petite bourgade de Bassi et arrivons à Chittorgarh 1h15 plus tard, où nous sommes sensés trouver un bus direct pour Bundi… ce qui n’est pas le cas. Nous sommes obligés de faire un détour de 150 km avec un changement à Bilwara. Bus archi-bondé s’arrêtant partout avec en prime une panne et un passage au garage. En tout il nous aura fallu 9 heures pour atteindre Bundi, pourtant distante de seulement 75 km de notre point de départ. Nous en aurons parcourus 250 … du jamais vu ! Arrivons à Bundi à la tombée de la nuit. Notre rickshaw zigzague dans les ruelles sombres et étroites jusqu’au « Bundi Haveli » niché au cœur de la vieille ville.
Fleurs flottant dans une vasque au Bijaipur Castle
Sous la fenêtre de notre chambre, une fanfare accompagne la sortie d’un marié du haveli voisin. Ce dernier enfourchera dans la plus pure tradition du mariage indien, un cheval paré pour l’occasion afin de rejoindre la mariée sur le lieu des festivités. Nous sommes en pleine saison des mariages dans le Rajasthan, c’est pourquoi les nuits sont plutôt bruyantes (pétards, feux d’artifices) et très festives (lumières, musique).
Le marié et son cheval
Nous dégustons un chicken butter massala sur le toit en terrasse de notre magnifique haveli, face au palais de Bundi perché sur une colline, superbement illuminé et coiffé d’une majestueuse pleine lune. Enchanteur.
Palais de Bundi
bundi
Journée consacrée à la découverte de Bundi en débutant par le City Palace (XVème S), perché à flanc de colline et surplombant la ville bleue. Un véritable labyrinthe de couloirs étroits et de marches qui débouchent sur de minuscules balcons suspendus dans le vide et offrant des vues à couper le souffle. Nombreuses salles richement décorées de magnifiques peintures murales, balustrades et tourelles en font un palais des mille et une nuits. Un jardin parfaitement entretenu, culminant sur les hauteurs et agrémenté d’un bassin ancien clôture la visite de ce somptueux palais. Puis c’est l’ascension vers le fort de Taragarh (1354) avec ses remparts et ses points de vues grandioses sur le palais et la ville.
Hôtel Bundi Haveli
City Palace
City Palace
Après une pause pakoras sur un toit en terrasse, nous partons à la découverte des puits (baori) et réservoirs (kund) de la ville, comme le Dhabhai Kund (XVI ème S) ou encore le « Puits de la Reine » (1699) dont les marches plongent à 46 m de profondeur. Le grand nombre d’autres petits puits à pompes qui jalonnent les ruelles de la ville, confirme bien que Bundi signifie « Cité des puits ». Marché aux légumes de Sabzi très pittoresque et très coloré de part ses marchandises, mais aussi de part les turbans chatoyants des hommes et les saris éclatants des femmes râjasthânis, portant également d’énormes bijoux… Une explosion de couleurs ! Un crochet au petit palais du Sukh Mahal où séjourna Kipling, avant d’entamer une superbe balade dans les ruelles de la vieille ville avec ses cours multicolores et ses maisons aux murs délicatement peints. Un vrai dédale peuplé de vaches sacrées, de singes sautant de toit en toit et autres cochons, chiens et rats : une véritable ménagerie ! Bundi est un vrai coup de cœur : c’est une cité très calme pour le Rajasthan et les gens -qui nous saluent sans cesse- y sont chaleureux, honnêtes et curieux. Un endroit où l’on se sent incroyablement bien et dont le charme opère immédiatement.
Marché aux légumes de Sabzi
Rencontre au fil des ruelles - Puits de la Reine - Maisons peintes
Dhabhai Kund
Vieille ville
bundi - kota
Grasse mat’ jusqu’à 09h00 et à peine une petite heure de bus pour rejoindre Kota. Ville immense, bruyante et sale mais possédant quelques trésors comme les imposants cénotaphes royaux (tombeaux), noyés dans la verdure et entourés d’éléphants sculptés, ou encore le City Palace (1625) qui mérite non seulement le détour pour son architecture, mais aussi pour son très beau musée et les appartements du maharaja richement décorés. Les indiens n’ont d’ailleurs pas accès à cette dernière partie car ils sont si indisciplinés qu’ils toucheraient sans hésiter les peintures anciennes ornant les murs. Aujourd’hui encore comme lors de nos précédentes visites, nous avons autant de succès auprès des indiens que les armes anciennes et les tigres empaillés du musée : séances photos, poignées de main, attroupements et questionnaires en règle ponctuent la visite des lieux. Ce soir, à notre modeste hôtel, nous savourons un délicieux curry de pommes de terre et de chou-fleur, ainsi qu’un curry de pois chiches dignes des plus grands restaurants
Bus pour Kota
Cénotaphes royaux
City Palace
Appartements du maharaja
kota - gwalior
Aujourd’hui, nous quittons le Rajasthan pour le Madhya Pradesh. Notre bus est complètement pourri mais au moins il est direct jusqu’à Gwalior. Cependant le premier tronçon jusqu’à Shivpuri (distante de 190 km) vire très vite au cauchemar : le bus dessert le moindre petit village, l’obligeant à sortir à chaque fois de l’axe principal. les pauses thé ou pipi se multiplient (parfois plusieurs en une heure), le chauffeur ne faisant rien pour accélérer le pas… Interminable ! Au lieu des 5 heures de route estimées, il n’en faudra pas moins de huit ! Le deuxième tronçon entre Shivpuri et Gwalior se fera au contraire à vitesse grand V, le bus slalomant à toute allure entre les véhicules et les vaches, évitant de s’emplafonner les camions qui arrivent en face (la route est d’ailleurs jalonné d’épaves). Nous arrivons à la nuit tombée à Gwalior - ville apparemment plus riche que Kota – après 3 nouvelles heures de route. Encore une journée de bus mémorable après celle passée entre Bijaipur et Bundi !
Gare routière de Shivpuri
gwalior - orchha
Matinée consacrée à la découverte du fort de Gwalior, long de 3 km et dominant la vieille ville à 100 mètres de hauteur. Un rickshaw nous dépose devant la porte ouest car aucun d’entre eux ne peut gravir la pente raide qui mène au sommet. Les 500 derniers mètres de marche vers le fort sont jalonnés de nombreuses sculptures jaïns (XV ème S.) taillées dans la roche et pouvant atteindre 17 m de hauteur.
Sculptures jaïns
Arrivés au sommet, nous visitons le Man Singh Palace datant de 1486 avec sa merveilleuse façade haute en couleurs car elle est recouverte de mosaïques bleues et jaunes, représentant canards, éléphants, tigres et crocodiles. La vue sur la vieille ville et sa mosquée est magnifique. A l’extrémité nord de l’enceinte, gise un ensemble d’autres palais en ruine mais dégageant néanmoins beaucoup de charme. Cet endroit offre des vues vertigineuses sur la ville et les collines environnantes. Poursuivons la visite vers le sud - en admirant au passage un impressionnant temple Sikh- puis pénétrons dans les deux temples vishnouïstes de Sas Bahu (XI ème S), richement sculptés et terminons par le colossal temple de Telika Mandir (VIII ème S.), d’une hauteur de 30 m.
Man Singh Palace
Vieille ville et sa mosquée
Vue sur le Man Singh Palace - Temple Sikh
Temples de Sas Bahu -Temple de Telika Mandir
Mosquée dans la vieille ville
En fin de matinée, nous sautons dans un bus pour Orchha que nous atteignons en 3h30 et posons nos sacs au Betwa Retreat, un ensemble de très jolis cottages au bord de la rivière. Pas un bruit durant la nuit, excepté le chant des grillons : une rareté en Inde (pas les grillons mais le silence !)
Bus pour Orchha
Gare routière de Jhansi





















































































