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100 JOURS EN ASIE DU SUD
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6 décembre 2009

gwalior - orchha

Matinée consacrée à la découverte du fort de Gwalior, long de 3 km et dominant la vieille ville à 100 mètres de hauteur. Un rickshaw nous dépose devant la porte ouest car aucun d’entre eux ne peut gravir la pente raide qui mène au sommet. Les 500 derniers mètres de marche vers le fort sont jalonnés de nombreuses sculptures jaïns (XV ème S.) taillées dans la roche et pouvant atteindre 17 m de hauteur.

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Sculptures jaïns

Arrivés au sommet, nous visitons le Man Singh Palace datant de 1486 avec sa merveilleuse façade haute en couleurs car elle est recouverte de mosaïques bleues et jaunes, représentant canards, éléphants, tigres et crocodiles. La vue sur la vieille ville et sa mosquée est magnifique. A l’extrémité nord de l’enceinte, gise un ensemble d’autres palais en ruine mais dégageant néanmoins beaucoup de charme. Cet endroit offre des vues vertigineuses sur la ville et les collines environnantes. Poursuivons la visite vers le sud - en admirant au passage un impressionnant temple Sikh- puis pénétrons dans les deux temples vishnouïstes de Sas Bahu (XI ème S), richement  sculptés et terminons par le colossal temple de Telika Mandir (VIII ème S.), d’une hauteur de 30 m.

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Man Singh Palace

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Vieille ville et sa mosquée

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Vue sur le Man Singh Palace - Temple Sikh

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Temples de Sas Bahu -Temple de Telika Mandir   

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Mosquée dans la vieille ville

En fin de matinée, nous sautons dans un bus pour Orchha que nous atteignons en 3h30 et posons nos sacs au Betwa Retreat, un ensemble de très jolis cottages au bord de la rivière. Pas un bruit durant la nuit, excepté le chant des grillons : une rareté en Inde (pas les grillons mais le silence !)

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Bus pour Orchha

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Gare routière de Jhansi

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28 novembre 2009

Delhi

Aujourd’hui, c’est jour de repos : méga grasse matinée et petite balade dans Pahar Ganj, quartier très animé. Petite bronzette sur le toit en terrasse de l’hôtel en sirotant un thé au gingembre. Le soir, c’est en rickshaw que nous nous rendons à Connaught Place : « Les Champs Elysées » indiens. Dîner à l’ «Embassy », restaurant chic que nous avons déjà testé il y a cinq ans et demi de cela. La cuisine y est toujours aussi raffinée : kebabs de poulet aux herbes accompagnés d’un yaourt au concombre et tomates, riz au cumin, le tout arrosé d’une bonne bière Kingfisher ! Ce nouveau contact avec les Indiens est une fois de plus excellent : les rickshaws et autres serveurs plaisantent et ont toujours le petit mot pour nous faire rire. Les badauds sont curieux, nous saluent et nous posent toutes sortes de questions… ce qui tranche avec la discrétion et la pudeur des Népalais ! Nous arrivons -Serge comme moi- à nouveau sur une autre planète.

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Jyoti Mahal Guesthouse

 

27 novembre 2009

inde - delhi

" Vous les occidentaux, vous avez l'heure mais vous n'avez jamais le temps." Gandhi


Après avoir tourné au-dessus de Delhi pendant une éternité, l’appareil est enfin autorisé à l’atterrissage et je débarque pour la 5 ème fois en Inde ! Un taxi « prepaid » pour ne pas se faire avoir, et c’est parti pour les embouteillages, la circulation anarchique et les rues glauques indiennes, qui me mèneront tout de même à bon port : à la Jyoti Mahal guesthouse, située dans le quartier très vivant de Pahar Ganj. Très beau bâtiment de style haveli, aux chambres et aux couloirs richement décorés d’objets et de tableaux d’artisanat local. Il ressemble à un vrai petit palais. J’attends Serge avec impatience, il arrivera vers 03h00 du matin après un vol direct en provenance de Paris et des formalités à n’en plus finir !


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Arrivée à la Jyoti Mahal Guesthouse

27 novembre 2009

Kathmandu - Delhi

Mon vol pour l’Inde étant à 16h15, je m’autorise une grasse matinée, puis je pars à la poste centrale à pied en traversant les petites ruelles de la vieille ville, truffées de petits temples et d’étals de légumes, de fruits et de fleurs. J’y arrive très facilement, à mon plus grand étonnement. La postière tamponne les cartes postales devant moi, je préfère toujours m’en assurer… Le retour a été un peu plus laborieux, j’ai du faire « quelques détours » avant de regagner l’hôtel… Vers 13h00, il est temps de se rendre à l’aéroport, où je croise… Anouk et Grégory !!! Ils auraient dû partir ce matin pour Paris via Delhi, mais leur premier vol a été annulé. On se retrouve donc sur le même vol Air India pour Delhi ! Après des contrôles de bagages à main interminables et à répétition, nous décollons enfin pour l’Inde !

Pour la suite du voyage en Inde Centrale, cliquez sur la vache sacrée !


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26 novembre 2009

Pokhara - Kathmandu

Départ à 08h00 en bus pour 8 heures de trajet jusqu’à Kathmandu. Arrivé à l’hôtel, je remercie Ram et lui dis tout le bien que je pense de lui. Puis nous nous disons au revoir. Je suis ravi d’avoir partagé cette aventure avec lui, il m’a appris tant de choses sur son pays et j’ai un profond respect pour lui. J’ai vraiment eu beaucoup de chance de l’avoir rencontré. Dix minutes après son départ, on frappe à ma porte… c’est Ram ! Nous sommes invités à l’agence de trek avec d’autres marcheurs revenant également de Pokhara, pour y boire « un » verre. 45 mn de marche (non, ce n’est pas fini !) dans les rues encombrées et polluées de la capitale, à l’heure de pointe et en pleine nuit. L’accueil dans le jardin est des plus chaleureux : rhum local servi à volonté et accessoirement Coca coulent à flot, pas le temps de vider son verre, qu’il est déjà plein ! Chants et danses, super ambiance.

Nous faisons la connaissance du patron français de l’agence, originaire d’Arles… quel bonhomme ! En plus de reverser tous les bénéfices des treks à un dispensaire et à une école se situant à  Gyalthum-Talamarang dans l'Helambu : http://tibet-nepal.org/human/index.fr.html , il a également créé des écoles au Cambodge. On ressent le respect et la reconnaissance des guides et des porteurs envers cet homme. Je recommande très fortement cette agence ultra sérieuse dont le concept est de marcher « utile » : http://www.ecologytrek.com/newfr/ .

Nous sommes raccompagnés en camionnette, le rhum faisant son effet, tout le monde chante et frappe dans ses mains au rythme de la musique népali. Cette fois, ce sont de véritables au revoirs avec Ram, qui me donne –inquiet- de dernières consignes : « fais bien attention à ton sac.», car nous partons avec trois autres gars rencontrés lors de l’apéro pour un dernier verre à Thamel. Tout est quasiment fermé, mais nous trouvons un bar au fond d’une rue et continuons à fêter la fin de cette fabuleuse aventure montagnarde… retour très hasardeux dans les ruelles sombres et désertes de Kathmandu.

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Dernier Dal Bhat sur la route

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Mes permis de trek

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24 novembre 2009

Birethanti (1050m)- Naya pul - Pokhara

J’avais réglé mon réveil à 07h00, mais à 05h00 du mat’ une course poursuite entre un chien et un coq dans le couloir a réveillé tout le lodge. Nous partons pour une petite marche d’une demi-heure afin de rejoindre Naya Pul et d’y prendre un bus pour Pokhara. Aujourd’hui, je porte symboliquement le petit sac de Ram, ce qui le met très mal à l’aise, c’est assez cocasse !

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Bus pour Pokhara

A Naya Pul, nous sautons dans un bus local pour Pokhara. A peine installés, que tout le monde pose un tas de questions à Ram. J’entends des réponses comme « Seb… France… », quelle bande de curieux ! Le trajet est très folklorique : à chaque trou dans la chaussée, le morceau musical – à fond les gamelles – change subitement. Autant dire que nous avons droit à une nouvelle chanson toutes les 15 secondes ! De vieilles femmes vomissent au fond du bus. Tous les hommes portent bonnets et écharpes, alors qu’il fait déjà plus de 20°C à l’extérieur ! Deux heures plus tard, nous arrivons à Pokhara à la « Pleasant Home ». Une bonne lessive s’impose, la crasse qui se dégage de mes vêtements est impressionnante ! Déjeuner sur une terrasse au bord du lac : un énorme steak de bœuf et des frites, ainsi qu’un lassi à la banane. Ram me restitue mon permis de trek bardé de tampons, le plus beau des souvenirs !

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Ram

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Le soir nous partons dans un resto appelé « Pokhara Thakali Kitchen » (ethnie du Mustang) pour un repas exquis : poulet dans une sauce au piments et légumes frits, momos au fromage et aux légumes assaisonnés de façon divine. La cuisine Thakali est l’une des plus rafinées et des plus recherchées du pays. Tout comme à Lete, je suis à nouveau conquis par ces goûts subtils. De plus le cadre de cet endroit est des plus charmants, alliant à la fois modernité et tradition: belle cheminée et objets Thakalis, mobilier chic et épuré, une vraie réussite à prix très doux ! Si vous passez par Pokhara foncez-y, vous ne le regretterez pas !

21 novembre 2009

Deorali (3200 m) - Machhapuchhare base camp (3480 m) - Annapurna base camp (4130 m) : 7km-3h

Réveil glacial dans la chambre (4,6 °C). Aujourd’hui, c’est l’étape reine de cette deuxième partie du trek jusqu’au Camp de Base de l’Annapurna. Avant d’atteindre ce dernier, il faut dans un premier temps rejoindre le Camp de Base du Macchapucchare à 3700m d’altitude. 2H30 de marche sont indiquées sur les panneaux, heureusement que nous avons dormi à Deorali, cela nous rapproche considérablement. Des marches, encore et toujours sur 2 km et 500m de dénivelé, mais j’ai une pêche d’enfer aujourd’hui ! Après seulement 1h30, nous arrivons déjà au Camp de Base du Macchapuchhare, qui offre non seulement une vue imprenable sur ce dernier mais également une première vue sur l’Annapurna 1 (8091m). Nous sirotons un massala tea pour récupérer, tout en admirant ces géants. Il ne reste « plus que » 2h avant la destination finale tant rêvée. Le paysage commence à changer, seules quelques herbes aux couleurs automnales dorent ce paysage et côtoient les petits ruisseaux gelés. L’Annapurna Sud s’offre face à nos yeux durant tout le trajet. Durant ce parcours, nous nous rendons compte avec Ram que nous avons la même passion pour la cuisine… des échanges de recettes sont déjà prévues !

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Annapurna Sud (7273m)

Après cet encart culinaire et 1h30 de marche, nous arrivons au Camp de Base de l’Annapurna à 4130m. La marche s’est faite sur une surface montant en pente douce et a été plus agréable (à cette altitude le mot est relatif) que la première partie de la matinée. Nous nous installons au Snowland Lodge. Le site est fabuleux, nous sommes désormais au cœur du massif de l’Annapurna, cernés de hauts pics enneigés et de glaciers : un véritable amphithéâtre d’une envergure stupéfiante ! Nous pouvons y voir (ou revoir) le Macchapuchhare (6997m) , le Gangapurna (7454m), le Singu Chuli (6501m), l’Annapurna 1 (8091m), le Fang (7647m), l’Annapurna Sud (7273m) et le Hunchuli (6441m) pour ne citer qu’eux : extraordinaire ! La montée de deux jours et demi dans la forêt valait largement la peine. Les lumières changent peu à peu sur les sommets, on voit (et entend) même une avalanche, c’est tellement beau que ça en devient irréel. Après le col de Thorung la, c’est un deuxième accomplissement pour moi ! Repos tout l’après-midi après ces dernières journées d’effort intense, ce n’est pas un luxe. Mais comme il commence à faire froid dans la chambre, je me réfugie dans la salle commune où un réchaud est installé sous la table, pour y écrire mes cartes postales. Pas une seule présence féminine, on se croirait à la cantine de l’armée au moment où l’on nous sert le dal bhat !

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Entrée du camp de base de l'Annapurna

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Annapurna 1 (8091m)

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Macchapucchare (6997m)

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Annapurna Sud (7273m) et Fang (7647m)

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Annapurna Sud (7273m) et Fang (7647m)

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Macchapucchare (6997m)

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Macchapucchare (6997m)

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Hunchuli (6441m)

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Gangapurna (7454m)

14 novembre 2009

T. Phedi (4540m) - Col de Thorung La (5416m) - Muktinath (3800m) : 13 km - 9 h

Réveil à 03h00 pour affronter le « monstre ». Nous partons à 04h00 afin de passer le col avant l’arrivée des vents violents qui commencent à y souffler à partir de 8h00 du matin. Equipés de nos lampes frontales, nous débutons cette ascension dans le noir le plus total en direction du col de Thorung La, 900 m plus haut. Des dizaines de petits points lumineux se suivent dans la pénombre. Pour me donner un peu plus de courage, je marche en compagnie de Björk, à fond les gamelles sur mon lecteur MP3 (ça le fait grave !). Nous nous déplaçons à nouveau dans et sous la neige, ce qui complique ce parcours déjà suffisamment éprouvant. Les deux premières heures sont avalées avec une facilité surprenante, comme si j’avais mangé du lion. Je m’étonne et suspecte même l’euphorie liée à l’altitude. Une halte de 20 mn à 5000m pour boire un peu et c’est reparti. Le vent glacial et les flocons de neige nous incitent à ne pas traîner, mais à cette altitude, l’air est difficilement respirable et chaque mouvement est un effort surhumain. Les vingt dernières minutes ont été tout simplement épouvantables : je ne savais plus sur quelle planète j’évoluais et je me demande encore maintenant, comment mes jambes ont pu avancer l’une devant l’autre à une telle altitude tout en s’enfonçant à chaque pas dans 25 cm de neige. Je ne savais plus si j’allais vomir, m’évanouir ou étouffer. Même la musique si motivante depuis le début de la marche m’était devenue insupportable.

Je suis finalement arrivé au sommet décoré de centaines de drapeaux de prières- à 5416m d’altitude- après 4 heures de marche (ce qui est un excellent temps, la moyenne étant entre 4 et 6 heures mais sans la neige !). Je me suis contenu pour ne pas verser de larmes, j’ai simplement pris Ram dans mes bras en le félicitant chaleureusement. Mais lorsqu’Anouk et Grégory sont arrivés, nous nous sommes littéralement effondrés en larmes en nous serrant très fort les uns contre les autres, souffrant de l’effort fourni mais savourant le bonheur d’avoir accompli un tel exploit. Jamais ni mon physique, ni mon mental n’ont été sollicités à ce point. J’ai dépassé mes propres limites, j’y suis arrivé ! Il m’a fallu une bonne partie de la journée pour me remettre d’une telle émotion.

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Col de Thorung La 5416 m

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Le tout n’est pas de monter, maintenant il faut redescendre. Encore plus de 4h de marche et un dénivelé de plus de 1700 m, interminable, avec des chutes sur des plaques de neige gelées (j’ai d’ailleurs gagné le concours du nombre de gamelles !) dans un paysage de montagnes désertiques, un environnement totalement minéral.

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Descente vers Muktinath

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Arrivons à Muktinath, petite ville de pèlerinage à 3800m d’altitude dans le district du Mustang, avec ses temples bouddhistes et hindouistes. Cet endroit marque également le début du trek de Jomsom que nous entamerons demain. Nous croisons les premières voitures et motos depuis 10 jours. Un énorme Dal Baht nous attend à notre hôtel, le Northpole, un peu plus luxueux que les précédents. Nous faisons un petit débriefing sur ce que nous venons d’accomplir et n’y croyons toujours pas. Internet est disponible à Muktinath mais pas l’électricité aujourd’hui ! Le soir, repas de momos accompagnés de la toute première bière de ce trek, il faut bien fêter cette journée exceptionnelle !

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Arrivée à Muktinath

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Chambre à Muktinath après une journée de marche

13 novembre 2009

Y. karkha(4018m)-Thorung Phedi(4540m): 9km-4h

Nuit à 2°C dans la chambre. Le ciel est encore très chargé ce matin et quelques flocons virevoltent toujours. C’est mon anniversaire aujourd’hui , le plus beau des cadeaux serait que nous puissions continuer notre périple malgré le temps. A 07h00, le guide d’un autre groupe ne veut pas prendre le risque de se rendre à Thorung Phedi et décide de retourner jusqu’à Besishar, point de départ du trek…. 7 jours de marche en sens inverse, un cauchemar ! Mais à 08h00, nos guides – plus courageux ou complètement inconscients-  jugent que nous pouvons continuer, ouf ! Je n’avais pas envie de me retaper une nuit dans ma cellule froide en attendant que le temps se dégage et encore moins de rebrousser chemin. Cette journée ressemble toutefois plus à une petite expédition plutôt qu’à une randonnée. Nous marchons dans la neige et ce pendant presque 4 heures. Les dénivelés sont importants et très glissants, les montées sont aussi éprouvantes que dangereuses : c’est du sérieux !

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Journée de trek dans la neige

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Arrivons en sueur (malgré le froid) au New Thorang Phedi Hotel à 4540m d’altitude. Moi qui m’attendais à un dortoir et à la pire nuit du trek en matière de confort, j’ai finalement une chambre à 3 lits (et surtout 3 couvertures) pour moi tout seul, génial ! La vue sur les montagnes enneigées est fantastique et je prends le bain de soleil que j’attendais tant depuis plusieurs jours. Nos guides insistent sur le fait que nous ne devons pas faire de sieste, sinon c’est insomnie assurée.

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Vue de ma chambre

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Lodge à Thorung Phedi (4540 m)

Le soir, nous nous retrouvons dans la salle commune pour une soupe à l’ail sensée remédier au mal de l’altitude. Après ce grand moment gastronomique, j’entends un air qui m’est familier au fond de la salle : « Joyeux anniversaire ! ». Anouk arrive avec un superbe gâteau au chocolat surmonté de petites bougies.. Surprise totale ! Je ne savais plus où me mettre tellement j’étais ému. Toute la petite bande a comploté depuis quelques jours déjà, ils sont vraiment trop gentils. Fêter son anniversaire à plus de 4500m avec des gens que je ne connaissais pas encore il y a 10 jours, c’est complètement fou ! En plus d’être comblé émotionnellement, je suis gâté : Ram  m’a offert un bracelet tibétain gravé en métal ; Rodna : un bracelet en corne de yak ; Anouk et Greg : un superbe bonnet et un petit miroir, car je leur cassais les oreilles depuis une semaine en leur rabachant que je ne pouvais pas me raser, les guesthouses n’ayant pas de miroirs. Emouvante soirée mais pas de fiesta, car tout à l heure nous nous levons à 03h00 pour attaquer la journée phare de ce trek : le fameux col.

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Surprise pour mon anniversaire !

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Purna, Rodna, moi, Anouk, Grégory, Ram

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9 novembre 2009

Chame (2685 m) - Pisang (3240 m) : 16 km - 5 h

Il fait de plus en plus froid le matin : 7°C dans la chambre, mais j’ai dormi avec deux couches de vêtements et j’ai eu bien chaud. Par contre je souffre d’une tendinite à l’avant bras droit qui s’intensifie depuis quatre jours car j’ai trop forcé sur mon bâton de marche le premier jour. Jusqu’à présent la douleur était supportable, mais aujourd’hui c’est un petit supplice pour refaire mon sac, ouvrir ma porte à clef ou tout simplement pour refermer ma gourde. Heureusement que ce sont les jambes qui travaillent ! Je frime avec mes nouvelles chaussures que je vais tester aujourd’hui. Quittons le charmant village de Chame avec ses chortens et ses maisons typiques, puis traversons son pont suspendu joliment décoré de drapeaux de prières.

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Départ de Chame

Empruntons un sentier qui grimpe à travers une très belle forêt de pins et passons la barre des 3000 mètres. Nous jouissons d’une très belle vue sur la chaîne des Annapurnas et déjeunons d’un Dal Bhat à 3060 m face à la très impressionnante paroi rocheuse de Daungda Danda. Sur ce parcours, le moindre pic enneigé est splendide mais lorsque nous demandons leurs noms à nos guides, Rodna nous répond en français : « ça c’est colline, pas de prénom »… alors qu’ils culminent au moins à 6000m d’altitude !

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" ça c'est colline... pas de prénom "

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Paroie rocheuse de Daungda Danda

C’est l’estomac bien rempli que nous repartons pour 1h30 de marche vers Pisang (3240m), magnifique petit village qui offre une vue imprenable sue l ‘Annapurna 2, grandiose !

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Village de Pisang et Pisang Peak (6091m)

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Lower Pisang

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Gravissons une centaine de marches 100 m plus haut vers Upper Pisang où nous avons la chance d’assister à une cérémonie religieuse dans le temple perché tout en haut du village. Les moines nous offrent un thé au beurre de yak que nous dégustons assis à même le sol, en écoutant ces sons d’instruments si étranges et ces prières si envoûtantes. De vieilles femmes aux visages burinés par le soleil tournent vivement leurs moulins à prières, assises les unes à côté des autres contre le mur du monastère, en priant (ou en bavardant !). Même si ces scènes ne me sont plus inconnues, elles restent un moment magique et très intense à vivre.

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Upper Pisang

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Annapurna 2 (7937m)

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Temple tibétain de Pisang

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Mes nouvelles chaussures ne me laissent aucune ampoule après cette journée de marche, pourvu que ça dure.

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Cuisine du lodge

7 novembre 2009

Jagat (1314 m) - Dharapani (1920 m) : 15 km - 6 h

Mon altimètre annonce 15,9 °c au petit matin dans la chambre, c’est effectivement mieux qu’hier et c’est certainement en raison de cette température clémente  qu'un rat m’a rendu visite durant la nuit ! 07h30 : Après un délicieux pain à la pâte levée façon naan et du miel, je fais mes adieux à mes défuntes chaussures après seulement 2 jours de trek mais 11 années de bons et loyaux services et je chausse mes sandales pour les deux prochains jours. Nous continuons à longer la Marsyangdi Khola en montée puis en descente de chaque côté de la vallée en traversant une multitude de ponts suspendus tous plus vertigineux les uns que les autres. Les caravanes de mules désormais familières nous rappellent que nous sommes sur l’ancienne route du sel (reliant le Tibet à l’Inde) depuis Jagat, sa porte d’entrée. De gros efforts physiques sont à fournir pour grimper les pentes tantôt sablonneuses, tantôt rocailleuses ou encore d’interminables escaliers en pierre. Mais la forme est bien au rendez-vous depuis le début du trek et je commence même à apprécier le goût de l’effort.

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Caravane de mules traversant la ...

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... Marsyangdi Khola

Pause déjeuner (momos aux pommes de terres) au village de Tal (1700m), niché dans une belle vallée et marquant l’entrée dans le district de Manang. Deux heures de « récup » bien méritées au soleil.

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Village de Tal

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Arrivée en fin d’après-midi à Dharapani (1920m) après une belle montée. Un chorten et ses moulins à prières nous accueillent dans ce village typiquement tibétain. Nous nous installons à la « New Tibet Guesthouse ».

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Arrivée à Dharapani

Durant ces derniers jours, j’ai appris à mieux connaître Ram. Il est extrêmement cultivé et parle un anglais parfait (avec un bel accent népalais tout de même ! Mais ça ne doit pas être pire que mon accent français !). Il appartient à l’ethnie Tamang (origine tibéto-birmane). Il est allé à l’école jusqu’à 18 ans et exerce avec enthousiasme son métier de guide pour subvenir à ses besoins mais aspire tout de même à autre chose. Il a déjà été inscrit à l’alliance française pour y apprendre notre langue mais n’y est resté que quelques semaines. En effet, sa mère (62 ans) ayant fait une mauvaise chute sur la tête, a du être hospitalisée durant 18 jours à Kathmandu. Le système de santé népalais étant ce qu’il est, les frais ont été à sa charge et à celle de ses frères et sœurs. Il a donc du renoncer à ses études mais compte bien les reprendre dès que possible. C’est un garçon qui inspire beaucoup de respect. Quand je le vois porter mon sac de 14 kg, moi qui peine parfois avec mon petit de 5 kg, je culpabilise un peu… mais bon, c’est son job. Il me dit que pour lui c’est facile et que mon sac est confortable mais je le vois parfois souffrir (il n’est quand même pas très épais !). En tout cas je le chouchoute en lui préparant sa bouteille d’eau purifiée avec de la vitamine C tous les matins et c’est même moi qui la porte.


Quant à mes compères suisses, que dire… c’est un véritable plaisir de marcher en leur compagnie car nous avons le même rythme et leur présence quotidienne est des plus agréable. Nous avons immédiatement eu un très bon feeling. Anouk a 31 ans, elle est journaliste pour la radio nationale suisse, elle part d’ailleurs bientôt pour le Sri Lanka afin d’y faire un reportage post-tsunami. Nous serons sur cette même île durant une semaine en décembre mais pas au même endroit, dommage ! J’adore papoter de tout et de rien avec elle… les kilomètres me paraissent instantanément plus courts à ses côtés. Grégory, 32 ans est inspecteur-instructeur dans la police. En plus d’être un surdoué en langues étrangères ( il sera bilingue parfait en népali avant la fin du trek s’il continue à apprendre aussi vite !), il a un sens de l’humour ravageur si bien que je n’arrête pas de rire en sa présence… même quand il ne dit rien ! J’ai beaucoup de chance de les avoir rencontré ces deux là.

Tous les soirs, nous nous retrouvons tous les six à 18h00 pour le dîner, pas lassés pour un sou de la grosse journée que l’on vient déjà de passer ensemble. Nos guides sont toujours présent à notre table (ce qui n’est pas le cas pour tous les trekkeurs) et attendent que nous finissions de manger pour commencer leur repas. Cela est très gênant et malgré notre insistance, ils tiennent vraiment à nous attendre. Puis vers 20h00 c’est dodo. Nous avons trouvé notre petit rythme et vivons ensemble comme une vraie petite famille, chacun se souciant des petits bobos éventuels des autres.

Ce soir, la température chute sévèrement à Dharapani. Je m’habille chaudement pour le dîner composé de nouilles frites et des litres de thé ! Après le repas c’est un cours de français que nous donnons à nos amis népalais : un grand moment !

6 novembre 2009

Ngadi (920 m) - Jagat (1314 m) : 15 km - 5 h 45

Lever à 06h15. J’ai l’impression d’avoir dormi sur une table et mon thermomètre a affiché 11°c dans la chambre cette nuit… mais que nous réserve la suite ? Brossage de ratiches à la fontaine où je remplis ma gourde pour la matinée, puis traitement au Micropur. Deux pancakes (sans œufs, ni lait ni beurre !) accompagnés de miel et d’un thé… petit dej’ aussi frugal qu’hier, mais nous en déduisons que ces rations sont adaptées à la marche qui nous attend, question de ne pas trop « charger la mule ». A 07h30, nous partons joyeusement pour cette deuxième journée de trek. Traversons des villages Thakuris clairsemés au milieu des rizières en terrasses.

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Villages Thakuris

Le conte de fées commencé la veille suit son cours : après 1h de marche c’est maintenant l’arrière de ma semelle qui fout le camp ! Mes potentielles nouvelles chaussures ne sont plus qu’à 3 jours de marche…Grimpette vers le village de Lampata (1135m) puis pause thé à Bahundanda (1310m), charmant comme tout avec ses petites maisons colorées, ses lodges et ses petites échoppes. C’est la première fois que la montée s’avère aussi raide, les efforts se font sentir.

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Pause thé au village de Bahundanda

Descendons tout aussi brusquement vers Lili Bhir. Regrimpons vers Ghermu Phant que nous atteignons pour le déjeuner : une plâtrée de pommes de terre aux œufs, choux et oignons dévorée face à la belle cascade de Rupse Chhanga d’une hauteur de 111 mètres. Redescendons pour Syange (1000m) et traversons la Marsyangdi Khola sur un long pont suspendu métallique. Poursuivons cette journée de marche « yoyo » pour atteindre un pont en bambou pas très haut mais des plus impressionnants.

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Traversée de de la Marsyangdi Khola

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La dernière montée pour rejoindre Jagat fût la plus pénible. Les sentiers empruntés sont situés sur une zone de travaux où les ouvriers sculptent une route à même le roc. Les pierres chutent entre les plants de marijuana sauvage et plusieurs caravanes de mules croisées tout au long du sentier. Ram m’explique qu’en les croisant, il faut toujours se positionner du côté de la montagne car elles pourraient nous précipiter dans le vide. Epuisés après cette journée de marche, nous apercevons enfin Jagat au loin… et c’est à moment bien précis que la semelle entière de ma chaussure droite se fait la malle ! Pourries mais synchros les grolles ! Je commence à sentir les cailloux sous mes pieds car la mousse s’use à vitesse grand V. Il est pourtant déconseillé d’en acheter des neuves avant d’entreprendre un trek car les ampoules sont garanties et de plus elles me paraissaient en bon état…

Jagat est un magnifique petit village en pierre perché à flanc de montagne et surplombant la rivière à 1314m. Nous « descendons » à l’hôtel « Lord Buddha Snow Land » où j’ai une superbe chambre avec deux grandes fenêtres en angle m’offrant une vue panoramique sur la paroi montagneuse en face. La nuit s’annonce moins froide qu’hier car le bâtiment est en dur, à vérifier. Je suis fatigué de tous ces efforts fournis mais si heureux d’avoir traversé de tels paysages et d’être ici, tout simplement. Ce soir au resto, c’est riz frit, mais une seule assiette ne nous rassasie guère et nous en réclamons une autre !

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Arrivée à Jagat

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Ram - Mes chaussures après deux jours de trek ! - Ma chambre à Jagat

4 novembre 2009

Kathmandu - Besisahar

Lever aux aurores et petite marche dans les rues désertes de Thamel où les rideaux de fer des boutiques sont tous abaissés, pour rejoindre un car privatisé par l’agence parqué devant un hôtel à quelques centaines de mètres du mien. Randonneurs, guides et porteurs sont joyeusement rassemblés autour du véhicule censé nous mener à Besisahar ( lieu de départ du trek) en 5 heures au lieu des 7 habituelles en bus local. Mais le bus dépassant péniblement les 3 km/h  pour s’extraire de l’anarchie de Kathmandu, les routes de montagnes paralysées par de nombreuses crevaisons, figeant les camions sur des dizaines de kilomètres, ce sont 9 heures qui seront finalement nécessaires pour atteindre notre destination : un grand moment !

De nombreux sommets enneigés entre 7000 et 8000m sont déjà parfaitement visibles de la route longeant la rivière Seti. Le contraste entre les rizières en terrasses et des bananiers en avant plan et les plus hauts sommets du monde en arrière plan est saisissant ! Lors de la pause repas, j’ai fais la connaissance d’Anouk et Grégory, un jeune couple de suisses. Ils effectueront le même parcours que le mien durant les deux premières semaines avec leur guide Rodna et leur porteur Purna. Quant à notre porteur, toujours personne en vue...

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Premières vues sur les sommets

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Embouteillage sur les routes himalayennes

Arrivée très animée à Besisahar sur fond de manifestation maoïste pacifique et en musique s’il vous plait ! Premier lodge très spartiate : la fenêtre de ma chambre donne sur un couloir bruyant, passage obligé vers les chiottes dégueulasses et la salle de bain commune du même niveau de propreté. Nous sommes pourtant « en ville », ça promet pour la suite. Je pars arpenter les rues de la ville qui ne dégagent pas de charme particulier mais qui offrent déjà de très belles vues sur les hauts sommets. Les « nasmaste ! » des gamins fusent et les habitants, habitués aux touristes sont très accueillants. Je croise Ram chez le cordonnier, en train de lui rafistoler ses chaussures. Il m’annonce que nous n’aurons pas de porteur car ceux de l’agence ont été « réquisitionnés » pour une expédition, quant aux autres castés à Besishar, ils demandent une somme bien trop importante. C’est donc lui qui portera mon sac… parfait, c’était mon idée première d’avoir un seul et unique guide-porteur, c’est désormais chose faite.

Un plat de nouilles au poulet et une toilette réduite à la hauteur des lieux clôturent cette journée. J’ai vraiment hâte de marcher car l’attente à Kathmandu et cette dernière journée de transport n’ont fait qu’aiguiser mon impatience.

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Dans les rues de Besisahar

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2 décembre 2009

bijaipur - bundi

Sacs sur le dos, nous quittons ce havre de paix et rejoignons le village plus rustique de Bijaipur et son arrêt de bus. A peine déposés nos sacs, qu’un attroupement se créé autour de nous. Il est vrai que la clientèle du genre d’hôtel que nous venons de quitter, prend rarement les bus locaux ! Une fois dans le bus, nous traversons la petite bourgade de Bassi et arrivons à Chittorgarh 1h15 plus tard, où nous sommes sensés trouver un bus direct pour Bundi… ce qui n’est pas le cas. Nous sommes obligés de faire un détour de 150 km avec un changement à Bilwara. Bus archi-bondé s’arrêtant partout avec en prime une panne et un passage au garage. En tout il nous aura fallu 9 heures pour atteindre Bundi, pourtant distante de seulement 75 km de notre point de départ. Nous en aurons parcourus 250 … du jamais vu ! Arrivons à Bundi à la tombée de la nuit. Notre rickshaw zigzague dans les ruelles sombres et étroites jusqu’au « Bundi Haveli » niché au cœur de la vieille ville.

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Fleurs flottant dans une vasque au Bijaipur Castle

Sous la fenêtre de notre chambre, une fanfare accompagne la sortie d’un marié du haveli voisin. Ce dernier enfourchera dans la plus pure tradition du mariage indien, un cheval paré pour l’occasion afin de rejoindre la mariée sur le lieu des festivités. Nous sommes en pleine saison des mariages dans le Rajasthan, c’est pourquoi les nuits sont plutôt bruyantes (pétards, feux d’artifices) et très festives (lumières, musique).

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Le marié et son cheval

Nous dégustons un chicken butter massala sur le toit en terrasse de notre magnifique haveli, face au palais de Bundi perché sur une colline, superbement illuminé et coiffé d’une majestueuse pleine lune. Enchanteur.

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Palais de Bundi

10 décembre 2009

khajuraho - bhopal

Journée de transport pour rallier la gare de Jhansi en 3 heures de taxi, puis 3 nouvelles heures de train pour atteindre la capitale du Madhya Paradesh : Bhopal. Ville immense, polluée, bruyante, à 40 % musulmane, d’où la profusion de mosquées. Pas vraiment la peine de s’y attarder. Nombreux mendiants, handicapés et estropiés, conséquence de la pire catastrophe industrielle mondiale qui a eu lieu en 1984, lorsque 40 tonnes de gaz mortel se répandirent sur la ville, faisant 20 000 morts.

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Rue de l'hôtel à Bhopal

5 décembre 2009

kota - gwalior

Aujourd’hui, nous quittons le Rajasthan pour le Madhya Pradesh. Notre bus est complètement pourri mais au moins il est direct jusqu’à Gwalior. Cependant le premier tronçon jusqu’à Shivpuri (distante de 190 km) vire très vite au cauchemar : le bus dessert le moindre petit village, l’obligeant à sortir à chaque fois de l’axe principal. les pauses thé ou pipi se multiplient (parfois plusieurs en une heure), le chauffeur ne faisant rien pour accélérer le pas… Interminable ! Au lieu des 5 heures de route estimées, il n’en faudra pas moins de huit ! Le deuxième tronçon entre Shivpuri et Gwalior se fera au contraire à vitesse grand V, le bus slalomant à toute allure entre les véhicules et les vaches, évitant de s’emplafonner les camions qui arrivent en face (la route est d’ailleurs jalonné d’épaves). Nous arrivons à la nuit tombée à Gwalior - ville apparemment plus riche que Kota – après 3 nouvelles heures de route. Encore une journée de bus mémorable après celle passée entre Bijaipur et Bundi !

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Gare routière de Shivpuri

12 novembre 2009

Manang (3535m) - Yak Karkha (4018m) : 8 km-4h20

Superbe nuit de sommeil. Quittons le merveilleux village de Manang (complètement bouché par les nuages) pour une montée de 465m sous la neige, et ce pendant 4h20. Nous sommes tous très en forme ce matin et laissons spontanément éclater notre joie lorsque l’altimètre indique que nous venons de passer les 4000m d’altitude, même si tout le parcours s’est fait dans une brume à couper au couteau.

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Départ de Manang

C’est en arrivant à la Nyeshuang Guesthouse à Yak Karkha que je me rends compte de mes deux premières ampoules aux pieds… Après le déjeuner, on s’occupe comme on peut dans la salle principale car les chambres sont de véritables frigos ( à peine 4 °C). Il neige, mais c’est agréable d’observer les flocons en dégustant une tasse de thé chaud et une apple pie. Mais il n’est même pas encore 14h00 et le poêle n’étant toujours pas allumé, je pars me blottir complètement habillé dans mon lit en écoutant de la musique, question de tuer le temps.. Il neige encore et toujours… des sons de clochettes se mêlent à ma musique, je jette un œil à l’extérieur : une caravane de mules entre dans le village et j’aperçois les premiers yaks complètement recouverts de neige, irréel ! Vers 18h00, nous nous retrouvons autour du poêle bien chaud en savourant une pizza. Il neige à n’en plus finir, ce qui devient plus que critique pour la suite de notre trek. Nos guides prendront la décision de continuer ou de rebrousser chemin demain matin… la nuit porte conseil. Prions Bouddha !

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Arrivée à Yak Karkha

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2°C dans la chambre !

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Notre lodge...

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... et ses belles toilettes

19 novembre 2009

Ghorepani (2855 m) - Poon hill (3200 m) - Chhomrong (2210 m) : 18 km - 9 h

Lever à 05h00 du matin et départ à 05h15 pour une heure d’ascension jusqu’à Poon Hill dans le noir et à la lampe frontale (ça rappelle quelques souvenirs…). Comme s’il n’y avait pas eu assez de marches hier, en voici quelques centaines supplémentaires ! Même tableau qu’au col de Thorung La : un défilé de lucioles, une guirlande électrique se confondant presque avec le ciel étoilé. Arrivés au sommet, nous assistons au lever du jour sur ces colosses enneigés si proches de nous : le Dhaulagiri (8167m), le Tukuche (6920m), les 4 Nilgiris (de 6940 à 7061m), l’Annapurna Sud (7273m) et le Machhapuchhare (6997m) pour ne citer qu’eux, se parent de lumière rose orangée lorsque le soleil apparaît. Une véritable collection de bijoux !

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Lever du soleil de Poon Hill

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Dhaulagiri (8167m)

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Vue Panoramique sur le Dhaulagiri (8167m), le Tukuche (6920m), les 4 Nilgiris (de 6940 à 7061m)

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Vue panoramique sur l’Annapurna Sud (7273m) et le Machhapuchhare (6997m)

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l’Annapurna Sud (7273m) et le Machhapuchhare (6997m)

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Dhaulagiri (8167m)

Après cet émerveillement, nous redescendons vers Ghorepani à travers une forêt de rhododendrons dont ce n’est malheureusement pas la période de floraison. Nous y partageons avec Anouk et Grégory -mes nouveaux amis - notre dernier petit-déjeuner ensemble. En effet, nos chemins se séparent aujourd’hui. Ils vont me manquer ces deux là car nous avons vécu tant de moments si forts ensemble. Mais nous nous promettons de nous revoir très vite et nous disons un simple au revoir. Par contre je fais mes adieux à Rodna et Purna, puis nous partons Ram et moi pour la deuxième partie de ce trek : le camp de base de l’Annapurna. Ram me propose de rallonger les étapes prévues des jours restants afin que nous puissions atteindre Pokhara avec un jour d’avance et profiter ainsi d’une nuit supplémentaire là-bas. Etant en pleine forme, j’accepte immédiatement car une journée de repos supplémentaire avant de partir en Inde ne me fera aucun mal (à mes fringues - qui commencent à embaumer -non plus d’ailleurs, une lessive sera la bienvenue !).

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Machhapuchhare (6997m) et rhododendron

Direction Chhomrong à 18km (7h30) au lieu de Tadapani à 7.5 km (4h) …J’étais prévenu ! Les premiers heures de marche nous permettent d’admirer les même sommets que ce matin : c’est une Poon Hill sur plusieurs kilomètres, sublime ! Malgré un temps qui se couvre très vite, nous contemplons les premiers villages Gurung (une autre ethnie népalaise proche de celle des Magars) avec leurs habitations rustiques entourées de cultures en terrasses. Ensuite, traversons essentiellement une belle forêt préservées et ses orchidées sauvages accrochées aux arbres. Arrivons à l’International Ghuesthouse juste avant la nuit où je traîne sous une douche brûlante (sans doute la meilleure de ma vie !). Je suis épuisé après deux rudes journées de marche consécutives et mes petits mollets me demandent des explications, alors calculons : aujourd’hui nous avons traversé 3 montagnes pour atteindre notre but final, soit 3 montées et 3 descentes de 800m de dénivelé chacune, ce qui fait 4800m de dénivelé en un jour ! De la pure folie ! Mes cuisses deviennent si énormes que je suis prêt à intégrer un élevage de poulets en batterie, suralimentés aux protéines ! Coucher à 19h45, mais les villageois ont décidé de faire une fiesta du tonnerre juste sous ma fenêtre… heureusement que ce sont des chants et des instruments locaux ! Je m’endors donc en musique (ou plutôt après la musique !)

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Sur le sentier vers Chhomrong

22 novembre 2009

ABC (4130 m) - Chhomrong (2210m) : 17,5 km - 8 h

Nuit la plus froide de tout le trek avec 1°C dans la chambre ! Réveil à 06h00, le temps de la veille a été tellement magnifique et a permis une telle visibilité sur tous les sommets que je ne me dépêche pas pour assister au lever du soleil. Je prends simplement quelques clichés de l’Annapurna 1 avec la belle lumière rosée du matin, car c’est le seul sommet qui était légèrement couvert hier après-midi. Ce matin, pas de temps à perdre car le challenge du jour (Ram et moi, on se fixe des trajets de dingues ces derniers jours) est de rallier Chhomrong, 1900m plus bas, afin d’« alléger » à nouveau la journée suivante. Quel bonheur de descendre ! Le confort de marche est incomparable, quant à l’endurance et à l’effort fournis, ils sont moindres. Nous avalons les kilomètres en repassant par la forêt et les villages traversés lors de la montée.

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Annapurna 1 (8091m)

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Macchapuchhare (6997m)

Après 16 km et 7 h de descente, nous voici à nouveau sur le pont franchissant la rivière au pied de Chhomrong. De là, il ne reste plus que … ces satanées 3000 marches à grimper en 1 heure ! Bonjour le cadeau final ! Chhomrong est vraiment mon village préféré sur cette dernière partie du trek. C’est un village traditionnel Gurung très étendu et très escarpé, traversé par cet interminable escalier, mais c’est ce qui lui donne tout son charme, surtout lorsqu’il est envahi par les buffles ! J’ai à nouveau la même chambre avec cette vue magnifique sur le village en contrebas et cette vallée étroite. A nouveau, je profite des lieux et de la douche brûlante, une bénédiction !

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Les 3000 marches de Chhomrong

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Ce soir, on parle popote entre mecs devant une bonne bière et un plat de momos aux légumes. Ram a appris à cuisiner lorsqu’il était porteur, il traînait souvent sous la tente des cuistots ! Pendant qu’ils me donne quelques recettes, le très intrigué personnel du lodge se presse autour de notre table !

Voici d’ailleurs la recette du Massala Tea (Chiya) de Ram :


- Faites bouillir 3 tasses de lait avec 1 cuillerée à café de mélange d’épices moulues (gingembre, graines d’anis vert, clous de girofle, cannelle, cardamome, poivre noir, étoile de badiane) et du sucre (à votre goût)

- Filtrer

- Faire bouillir la même quantité d’eau

- Y ajouter une demi cuillerée à café de thé et laissez infuser

- Mélanger les deux préparations et réchauffez-les à feux doux

C’est un véritable régal !

11 novembre 2009

Journée d'acclimatation à Manang (3535 m)

7,5°c dans la chambre au réveil, ce qui est tout de même plus qu’hier 300m plus bas… allez comprendre. Au programme ce matin : une demi-journée de marche afin de nous acclimater et de nous entraîner aux ascensions en altitude, en vue des trois jours de grimpette à venir. Direction le View Point de Manang à 3800m  (dénivelé de 265 m). A mi-parcours nous admirons le très beau lac turquoise de Manang formé derrière une moraine du glacier de Gangapurna. Les nuages sont arrivés très tôt et c’est la première fois que nous sommes privés de notre beau ciel d’un bleu immaculé. Mais cela ne nous empêche pas d’avoir une vue panoramique sur le Pisang Peak, le Manaslu (8156m), l’Annapurna 2 (7937m), l’Annapurna 4 (7525m), l’Annapurna 3 (7555m) – au pied duquel nous dégustons un thé à 3800m – et le magnifique glacier de Gangapurna (7454m) qui semble à portée de main. Cette petite épreuve permet aussi à nos guides de nous évaluer pour la suite. Verdict : ils estiment que nous avons les capacités pour franchir le Thorung La (5416m) dans trois jours. Nous l’apercevons d’ailleurs très bien au loin, à droite du Tilicho Peak (7134m).

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Manang

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Lac de Manang

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Glacier de Gangapurna (7454m)

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Après la descente, nous partons acheter des timbres à la sombre et minuscule poste de Manang. Nous la dévalisons même en achetant tous les timbres restant. Déjeuner de nouilles frites dans la salle principale du lodge où est diffusé un film américain sur l’ascension de l’Everest, insupportable. Mais c’est le seul endroit où il fait chaud, le soleil ayant définitivement décidé de faire grève aujourd’hui. En fin d’après-midi, je retourne dans ma pâtisserie préférée pour m’y offrir un crumble aux pommes et un cappuccino, car les trois prochains jours risquent d'être moins festifs ! L’altitude commence à se manifester sur mon organisme, je ressens de temps en temps une compression au niveau du thorax, c’est un peu douloureux mais largement supportable. C’est surtout la nuit dans le lit que ça devient un peu plus gênant.

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21 janvier 2010

rajshahi (gaud)

Grasse mat’ jusqu’à 09h00. Ô miracle !… ce matin il n’y a pas de brouillard, il fait même presque chaud ! Kalam passe nous prendre à 10h00 et nous arrivons à Gaud, poste frontière avec l’Inde, une heure et demie plus tard. Si jusqu’à présent toutes nos visites culturelles étaient bouddhistes où hindoues, aujourd’hui, elles sont musulmanes car l’endroit compte de très vieilles mosquées parfaitement conservées. La première est la Chhota Sona Masjid datant de 1493 : superbes sculptures sur ses murs de pierre noire. La seconde, la Khani Dighi Masjid (1490) est un véritable petit bijou enfoui au milieu des manguiers : sculptures en terre cuite aux motifs floraux, intérieur impressionnant de par son grand dôme composé de petites briques et ses 8 arches finement sculptées. Quand une famille entière nous repère et vient à notre rencontre, la quiétude des lieux se transforme vite en un véritable champ de foire avec séance photos obligatoire. Mais il est temps de quitter les lieux car c’est l’heure de la prière.


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Chhota Sona Masjid


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Khani Dighi Masjid

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A l'intérieur de la mosquée

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Nous retrouvons cette même famille quelques kilomètres plus loin à Firozpur, un ensemble de bâtiments roses comprenant le Tahkhana Palace (XVII è S.), la mosquée Shah Niamatullah et ses 3 dômes (1560) surplombant un grand bassin, ainsi que le mausolée du Shah, entouré d’un très beau jardin. Depuis le début de la visite, nous sommes suivis par un jeune garçon. Serge en profite pour parfaire son bengali en lui posant de nombreuses questions. Génial de pouvoir se faire comprendre par Samin, 10 ans, qui répond volontiers à ses questions. Sur le chemin du retour nous traversons de vastes plantations de tomates et de manguiers. Des tonnes de tomates triées selon leur couleur et leur calibre finissent de mûrir au soleil. De retour à l’hôtel, nous profitons d’une –trop rare- terrasse pour une petite bronzette au soleil.


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Samin et le mausolée du Shah -Firozpur

20 janvier 2010

dinajpur - rajshahi (natore & puthia)

Départ à 07h00 du matin pour Natore à 3h30 de route, puis visite de son Rajbari datant de 1700. Un ensemble de quatre palais jaunes aux volets verts assez bien conservés et de très belle taille entouré de nombreux bassins. Le brouillard, à nouveau présent ce matin, confère à ce lieu un petit côté « hanté ».


 

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Rajbari de Natore

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16 km plus loin, nous arrivons au village de Puthia renfermant quelques trésors : le grand Puthia Palace (1895), ainsi que de nombreux temples dont le Shiva temple (1823) au bord d’un bassin, le Govinda temple (1823) coiffé de trois dômes et le Jagannath temple (XVI è S.) décoré de sculptures en terre cuite et haut de 10 mètres. Encore une très belle découverte.

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Shiva temple

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Puthia Palace

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Govinda temple

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Petit temple dans l'enceinte du Puthia Palace

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Sculptures en terre cuite

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Enceinte du Jagannath temple

Une demi-heure plus tard, nous arrivons à Rajshahi au Parjatan, hôtel gouvernemental au style très soviétique, c’est-à-dire pas très cosy, impersonnel et glacial (au sens figuré comme au sens propre), mais néanmoins le meilleur de la ville… Nous profitons du soleil qui a daigné se manifester à 13h15 pour déambuler sur les rives de la rivière Padma, frontière naturelle avec l’Inde. Le niveau de l’eau est si bas que les gens passent à gué d’un côté comme de l’autre, car curieusement aucun policier ni militaire ne sont présents dans les environs. Nous marchons dans le lit de sable très fin le long des « buvettes » aux chaises en plastique rouges et bleues occupées par les couples d’amoureux attendant le coucher du soleil, en compagnie des corbeaux et des chèvres… en t-shirts ! En effet, comme il fait très froid la nuit et le matin, on les protège tout comme les vaches (enveloppées dans de la toile de jute). L’endroit est très propice aux rencontres et l’on nous matte comme si nous étions des drag-queens ! Les plus téméraires viennent –parfois tremblants- entamer une conversation, tandis que d’autres attendent leur tour ! Ils sont vraiment adorables et pensent dans un premier temps que nous sommes chercheurs ou reporters, mais n’imaginent pas un instant que nous puissions être des touristes ! Les poignées de mains se comptent à la pelle, certains nous serrant parfois trois fois la main en guise d’au revoir.


Nous grimpons ensuite sur la digue où est perché le village. Heureusement que nous avons appris quelques rudiments de bengali, ce qui favorisent les échanges avec les villageois, tous contents de notre visite. Scènes de vie quotidienne très pittoresques : femmes façonnant des brochettes de bouses qui serviront de combustible, saris colorés séchant au soleil, défilé de mode des chèvres dans leurs t-shirts bariolés avant la traite. Quand on ressort d’un tel bain de foule, on ne peut qu’avoir la banane ! Le soir, au resto, petite soupe devenue quotidienne, idéale pour nous réchauffer.


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Jeune batelier sur la Padma - Buvette

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   Digue -Vendeur de pain

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Village perché sur la digue

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Collection automne hiver 2009-2010

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Brochettes de bouse

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Sourires

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11 janvier 2010

havelock island (village n°7)

Partons en rickshaw pour le village n°7, où nous nous faisons une petite folie en nous offrant 4 jours au « Barefoot Resort », un établissement de charme situé dans un cadre naturel exceptionnel et dont la conception est très soucieuse de l’écologie. Notre luxueux bungalow de style nicobari est situé dans un environnement forestier des plus mystérieux, en retrait de la plus belle plage de l’île, si ce n’est du continent…. En effet la plage n°7 a été élue « Plus belle plage d’Asie » par le très sérieux journal britannique « Times » en 2005. Et pour cause : 2 km de plage de sable banc quasi déserte, une eau cristalline et profonde, et cette magnifique forêt qui la borde en font un lieu unique et magique.


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Barefoot Resort

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Plage n°7

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L'anse voisine

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Couchers de soleil

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De temps en temps, nous croisons Ranjat, l’éléphant des lieux avec lequel il est possible de faire une petite plongée (mais cela coûte une vraie fortune !). Côté resto, c’est le bonheur à l’état pur car en plus des spécialités indiennes, un grand choix de plats italiens (les gérants sont natifs de ce pays) -tous plus fins les uns que les autres- permettent de faire une pause culinaire après ces deux mois et demi de curry. La clientèle russe est majoritaire ici, c’est pourquoi nous avons rebaptisé la plage « Moscow Beach ». Un repos à savourer sans modération avant d’affronter à nouveau Calcutta puis le Bangladesh, où il nous faudra certainement plus d’énergie !


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Ranjat

2 juillet 2009

itinéraire

"Chaque homme doit inventer son chemin" Jean-Paul Sartre


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Cliquez sur la carte pour l'agrandir

1er novembre 2009 - 8 février 2010

- NEPAL : Tour des Annapurnas + sanctuaire du 02/11 au 27/11/2009 (Seb)

- INDE CENTRALE : de Delhi à Bombay du 27/11 au 20/12/2009

- SRI LANKA : du 20/12/2009 au 04/01/2010 (Seb)

- INDE DU SUD : îles Andamans du 04/01 au 17/01/2010

- BANGLADESH : du 17/01 au 07/02/2010

24 décembre 2009

polonnaruwa - Sigiriya - dambulla - matale - kandy

Départ sous un beau soleil, avec le même chauffeur qu’hier, pour Sigiriya, que nous atteignons 1h30 plus tard. Une formation rocheuse qui se dresse à 200m de hauteur, renfermant un site archéologique de toute beauté : des jardins royaux (de pierres ou d’eau) aménagés en terrasses à la base du rocher, de petites grottes telle celle du cobra (car elle en rappelle la forme) et surtout des fresques peintes (très bien conservées) à même la paroi rocheuse, représentant de belles femmes qui devaient être les concubines du roi de l’époque (V è S.). Des 500 portraits, il n’en reste qu’une vingtaine, mais quels restes ! Pour y accéder, il faut grimper des marches de pierre dans un premier temps, puis un escalier en colimaçon suspendu dans le vide ! Sujets au vertige, s’abstenir ! Pour atteindre le sommet du rocher, il faut longer le très beau mur poli rempli de graffitis de l’époque (VI è au XIV è S.), commentant notamment les fameuses peintures. Puis gravir des marches tantôt en pierre, tantôt en ferraille pour atteindre la plateforme naturelle, offrant une vue superbe à 360 ° et possédant de nombreux vestiges tels des bassins. Endroit vraiment exceptionnel à tout point de vue. Deux heures de visite ont été nécessaires (pour une fois j'ai été un peu plus rapide car les guides annoncaient 3 H).


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Rocher de Sigiriya

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Escalier en colimaçon

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Peintures murales

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Escalier menant au sommet

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Vue du sommet


Après 45 mn de route, nous arrivons à Dambulla pour y visiter les temples troglodytiques (I er S. av. J-C.), au nombre de cinq et qui renferment une multitude de statues et de peintures très colorées et très riches (datant du XIX è S.). Beaucoup de pèlerins visitent ce site incontournable. Fin de visite (1h30 en tout) sous la pluie mais c’est devenu monnaie courante.


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Temples troglodytiques de Dambulla

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20 km plus au sud, se trouve le joli petit temple hindou de Nalanda (VIII è S.) tout en pierre et très richement orné. Le chauffeur ayant « oublié » de s’arrêter sur ce site, j’ai été obligé de le gendarmer en lui faisant faire un retour en arrière de 4 km.

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Temple hindou de Nalanda

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Vue du temple de Nalanda


Encore 25 km plus au sud, me voici à Matale avec son monastère troglodytique d’Aluvihara (composé de plusieurs grottes bouddhiques) et son temple hindou de Sri Muthumariamman Thevasthanam (ouf !), le plus grand du pays, décoré de très nombreuses statues kitsches à souhait autant à l’extérieur, qu’à l’intérieur.

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Monastère troglodytique d’Aluvihara

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Temple hindou de Sri Muthumariamman Thevasthanam

Vers 18h45, nous arrivons à Kandy où il fait déjà nuit. Là encore, nombreuses rues bouclées par la police et les militaires. Je m’installe à la « Olde Empire » guesthouse, une vieille maison coloniale tenue par la même famille depuis plus d’un siècle et ne proposant que cinq chambres. Un endroit bourré de charme ! De plus, la belle terrasse fait face à l’entrée du Temple de la Dent et au lac : plus central, tu meurs. Après cette journée de visite très chargée et un petit riz frit au poulet en guise de repas de réveillon, je vais me coucher en prévoyant une bonne grasse matinée. Mais c’est peine perdue : une bande de jeunes anglais fête le réveillon sur la terrasse jusqu’à 02h00 du mat’, juste devant ma chambre. Je ne peux pas leur en vouloir à cette période de l ‘année et je repousse l’heure de mon réveil de quelques heures.



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