07h00 : vêtu d’une polaire, je dévore un petit déjeuner gargantuesque sur la terrasse du resto après le jeûne de la veille. Une généreuse théière de masala tea (que j’adore ! ) me réchauffe dans cette fraicheur matinale. La panse bien remplie, il est maintenant envisageable de partir découvrir le village newar de Bungamati situé à 10 km au sud de Kathmandu. Il n’avait pas été possible de visiter cette petite cité deux ans auparavant car la pluie en avait décidé autrement. Cette journée de liberté dans la vallée de Kathmandu avant le départ du trek est une véritable aubaine pour rattraper le temps perdu. Un taxi négocié à 1000 roupies et me voilà installé à bord du véhicule possédant le tableau de bord le plus kitsch et le plus original de la planète : une véritable pelouse campée par des statuettes de Ganesh (qui est également le prénom du chauffeur !), de Bouddha et autres fleurs en plastique… du grand art ! L’émotion me submerge à nouveau lors de la traversée de Durbar Square, véritable fourmilière toujours aussi vivante : les couleurs des saris des femmes et des échoppes de fruits et de légumes explosent tel un feu d’artifice. Des colliers de fleurs par centaines en guise d’offrandes aux dieux, des temples, des bougies, des parfums, des saddhus : une ferveur religieuse telle, qu’elle est palpable à chaque coin de rue. Et ces hommes qui flânent main dans la main, signe témoignant de leur amitié.
Plus nous nous éloignons de la ville, plus la vue sur les hauts sommets se dégage. Arrivons au milieu des rizières bordant la rivière Bagmati au village de Bungamati. De grandes et hautes demeures en briques (datant d’au moins 200 ans) sur lesquelles pendouillent tresses d’ail et épis de maïs, entourent une immense place où sèchent grains de riz et piments rouges. En son centre, trône un magnifique temple. Tout autour se déploient d’étroites ruelles envahies de chèvres et édifiées de maisons aux fenêtres de bois sculptées, d’un grand bassin, de puits et d’autres petits temples : un vrai petit bijou. De plus ses habitants sont très sereins et très accueillants. Quel bonheur de siroter lentement un thé offert par Ganesh dans un tel endroit, assis sur les tabourets d’une gargote qui n’a pas du voir beaucoup de visiteurs. Ah si ! J’ai entrevu un groupe de chinois mitraillant intensément le site de leurs flashs pendant environ un quart d’heure et puis plus rien….

Village newar de Bungamati




Temple de Rato Machhendranath


Séchage du grain sur la place principale



Temple de Padmapur Mahadev


Autour du réservoir Dey Pukha


Tableau de bord végétal - Piments séchés - Momos
Retour à Kathmandu pour une longue sieste malgré le champs de foire créé par les écoliers sous ma fenêtre. Entre les parties de badminton et de basket, ils n’ont pas été beaucoup en cours cet après-midi… En soirée, je fais la connaissance de mon guide. Il s’appelle Ram (TAMANG de son nom), il a 26 ans, il est bouddhiste et vit à Bodnath. Lorsqu’il n’exerce pas le métier de guide, il peint des thangkas (peintures tibétaines sur toile). Ram fait parti d’une famille de 5 enfants, ses parents sont agriculteurs et vivent à 130 km à l’est de Kathmandu. Le premier contact est très bon malgré que nous soyons tous deux très calmes et un peu timides. D’ailleurs, afin de se détendre un peu et de faire plus ample connaissance, nous sirotons une « Everest Beer », boisson qui comme son nom l’indique est purement locale. Ram a bien compris mes attentes et est très rassurant dans sa façon d’appréhender ce trek. De plus - et ce qui n’a aucun rapport avec ce qui précède- il me donne entre 26 et 28 ans… je pense qu’on va bien s’entendre ! Actuellement, nous ne connaissons ni l’un ni l’autre le porteur qui nous accompagnera, ce sera la surprise demain matin. Un bon plat de momos au poulet et une petite séance d’internet (après plus d’ordi pendant au moins une semaine) et vite au lit.